Course à pied · Analyse de la foulée

Analyse de la course à pied : mieux comprendre sa foulée pour mieux courir

Chaque coureur possède sa propre façon de courir. Cadence, longueur de foulée, position du pied, mouvement du bassin, du genou ou du tronc : tous ces paramètres influencent la manière dont les contraintes sont réparties sur le corps à chaque foulée.

L'analyse de la course permet d'observer ces éléments afin de comprendre comment vous courez et, surtout, de déterminer si certains paramètres peuvent être adaptés en fonction de vos douleurs, de vos blessures ou de vos objectifs.

Lecture 6 minRédigé par l'équipe AthletikSources scientifiques citées
Coureur filmé sur le tapis du plateau technique, face au miroir
5 à 10%

de cadence en plus suffisent à raccourcir la foulée et à réduire l'énergie absorbée au genou

37études

confirment l'effet de la cadence sur la hanche et le genou, sans preuve suffisante sur la prévention

Genou ↓
Cheville ↑

changer l'attaque du pied déplace la contrainte, il ne la supprime pas

6mois

après un réentraînement, la douleur reste plus basse chez les coureurs souffrant du genou

Indications

Pourquoi analyser sa course

L'objectif n'est pas de rechercher une « foulée parfaite », mais d'identifier les éléments réellement pertinents pour chaque coureur. Une analyse est particulièrement intéressante dans cinq situations.

Les situations qui nous amènent à filmer

  • Des douleurs pendant ou après la course
  • Des blessures répétées
  • Une reprise de la course après une blessure
  • Une augmentation des distances ou de l'intensité d'entraînement
  • Une difficulté à retrouver son niveau malgré une rééducation

Ce que l'analyse vous apporte

  • Une lecture de vos images au ralenti, commentée avec vous pendant la séance
  • Des priorités de travail claires, hiérarchisées selon votre situation
  • Des exercices ciblés et une consigne de course simple à tenir
  • Un point de comparaison pour la prochaine captation
La grille de lecture

Que regarde-t-on pendant l'analyse

Grâce à l'analyse vidéo, plusieurs paramètres peuvent être observés. Aucun n'est une faute à corriger par principe : ils ne deviennent intéressants que mis en relation avec votre douleur ou votre objectif.

La cadence

Combien de pas réalisez-vous chaque minute ? C'est le paramètre le plus facile à modifier, et celui dont les effets sont les mieux documentés.

La longueur de foulée

Votre pied se pose-t-il très loin devant votre corps ? La distance entre le pied et le bassin au contact change la charge reçue à chaque appui.

La position du pied au sol

Attaque talon, médio-pied ou avant-pied : aucune n'est automatiquement meilleure qu'une autre. Chacune déplace la contrainte ailleurs.

Le contrôle du genou, du bassin et du tronc

Ils participent à la manière dont les contraintes sont réparties pendant la course. Le bassin, en particulier, ne s'observe que de dos.

Le comportement de la foulée avec la vitesse et la fatigue

Une analyse dynamique permet d'observer ce qui se passe réellement lorsque vous courez, et pas seulement sur quelques pas frais.

Les asymétries droite et gauche

Comparées aux mesures de force réalisées sur la plateforme Kinvent : un écart persistant après blessure est un signal, pas un détail.

Ce que dit la science

Une « mauvaise foulée » provoque-t-elle des blessures ?

C'est plus complexe que cela. Les recherches actuelles montrent qu'aucun paramètre biomécanique isolé ne permet de prédire de manière fiable qui va se blesser. Les blessures en course à pied sont multifactorielles : entraînement, récupération, capacités musculaires, antécédents de blessure et biomécanique peuvent tous intervenir.

3 404 coureurs

Sur 30 études prospectives, aucun paramètre biomécanique isolé ne permettait de prédire de façon fiable les blessures.

Peterson et al., Sports Med Open, 2022 ↗
Preuve faible

Le niveau de preuve reliant directement le type d'attaque du pied au risque de blessure est faible. Être talonneur n'est pas en soi une anomalie à corriger.

Burke et al., OJSM, 2021 ↗
19 essais

Le réentraînement de la course modifie bien la cadence, certaines caractéristiques biomécaniques et les taux de charge verticale. Les données restent insuffisantes pour affirmer qu'il prévient globalement les blessures.

Doyle et al., JOSPT, 2022 ↗
Le lien utile

Certaines façons de courir modifient les contraintes appliquées au genou, au tibia, au pied ou au tendon d'Achille. L'analyse devient intéressante quand elle relie votre façon de courir à votre problème précis.

Autrement dit : on ne cherche pas une « mauvaise foulée », mais un ensemble de facteurs pertinents pour vous.

Réentraînement de la foulée

Peut-on modifier sa façon de courir ?

Oui, lorsque cela présente un intérêt. On parle alors de réentraînement de la foulée. Mais modifier une foulée n'est pas toujours nécessaire, et chaque modification a un coût ailleurs.

Ce qui fonctionne

Augmenter légèrement la cadence

Augmenter la cadence réduit la longueur des pas et diminue certaines contraintes au genou et à la hanche. Les études montrent que des augmentations modérées, souvent de 5 à 10 %, suffisent à modifier plusieurs paramètres biomécaniques : longueur de foulée, adduction de hanche, moment d'extension du genou et contraintes fémoro-patellaires.

Chez des coureurs souffrant de douleurs fémoro-patellaires, un travail ciblant la réduction de l'impact ou une augmentation de cadence de 7,5 à 10 % a permis une meilleure réduction de la douleur à six mois que l'absence d'intervention.

Ce qui se discute

Changer d'attaque du pied

Passer volontairement d'une attaque talon à une attaque avant-pied peut diminuer certaines contraintes au genou, mais augmente celles appliquées à la cheville et aux fléchisseurs plantaires. La contrainte est déplacée, pas supprimée.

Il n'existe donc pas de technique universellement supérieure, et les auteurs ne recommandent pas de changer systématiquement l'attaque du pied chez un coureur asymptomatique.

La séance

Comment se déroule l'analyse

Une séance d'environ une heure, sur le plateau technique du cabinet. Venez avec vos chaussures de course habituelles et, si vous en avez plusieurs paires, celles que vous utilisez le plus.

Entretien et examen

On commence par votre histoire de coureur : volume hebdomadaire, terrains, chaussures, objectifs, et le détail précis de la douleur si elle existe. Puis un examen classique, mobilités, force et contrôle sur une jambe, qui donne les hypothèses à vérifier sur la vidéo.

Sortie d'étape : savoir quoi chercher avant d'allumer la caméra.

Course filmée sur tapis

Après échauffement, vous courez à votre allure d'endurance, puis à une allure plus rapide. On filme de face, de profil et de dos, sur plusieurs dizaines de cycles de course, assez pour distinguer votre foulée habituelle d'un pas isolé.

Si la douleur n'apparaît qu'après un certain temps de course, la captation est répétée en fin de séance : une foulée fatiguée n'est pas la même qu'une foulée fraîche.

Lecture des images, avec vous

Les séquences sont ralenties et mesurées : angles, cadence, position du pied au contact, alignement du genou et du bassin. Vous voyez ce que nous voyons, et c'est souvent le moment où une douleur ancienne prend du sens.

Sortie d'étape : deux ou trois éléments à travailler, hiérarchisés.

Plan de travail et suivi

On repart avec un plan en deux volets : du renforcement ciblé sur le plateau, et, lorsque c'est pertinent, une consigne de course à appliquer progressivement sur vos sorties. La modification se fait par paliers, sur quelques semaines, jamais d'un coup.

Une nouvelle captation quelques semaines plus tard permet de comparer objectivement, plutôt que de se fier à l'impression d'avoir changé.

Notre approche

L'intérêt d'une analyse personnalisée

Deux coureurs présentant la même douleur peuvent avoir des profils complètement différents. C'est pourquoi l'analyse de course ne doit pas se limiter à regarder une vidéo.

Les pistes d'appuis et les machines de renforcement du plateau technique
Le renforcement se travaille sur place, dans la continuité de l'analyse.

La vidéo est mise en relation avec

  • Vos symptômes
  • Vos antécédents de blessures
  • Votre force et votre mobilité
  • Votre volume d'entraînement
  • Votre niveau et vos objectifs

L'objectif est ensuite de déterminer s'il faut réellement modifier quelque chose, quoi modifier et comment le faire progressivement.

Courir différemment, seulement lorsque c'est utile

La science ne permet pas aujourd'hui de définir une foulée idéale valable pour tout le monde. En revanche, elle permet de comprendre comment certaines modifications influencent les contraintes subies par le corps.

L'analyse de course permet donc de ne plus corriger une foulée au hasard, mais de proposer des adaptations individualisées lorsqu'elles sont réellement pertinentes.

Motifs fréquents

Les douleurs pour lesquelles on nous consulte

Syndrome fémoro-patellaire
Syndrome de l'essuie-glace
Tendinopathie d'Achille
Périostite tibiale
Aponévrosite plantaire
Lésions des ischios
Retour à la course après LCA
Préparation d'objectif

Venir au cabinet

Adresse

102 rue d'Aguesseau
92100 Boulogne-Billancourt

Horaires

Lundi – Vendredi · 7h – 21h
Samedi · 9h – 16h
Dimanche · fermé

Itinéraire →

À prévoir

Short ou cuissard, vos chaussures de course habituelles, et de quoi boire. Si vous hésitez entre deux paires, apportez les deux : nous pouvons les comparer sur le tapis.

Si vous avez des vidéos de vos sorties ou des données de montre, elles nous sont utiles.

FAQ

Questions fréquentes

Non. Beaucoup de coureurs viennent avant une augmentation de volume ou une préparation d'objectif. Précision importante : chez un coureur sans douleur, l'analyse sert à comprendre et à surveiller, pas à corriger par principe. Rien ne montre qu'il faille modifier la foulée d'un coureur asymptomatique.

Seulement si cela présente un intérêt pour vous. Une foulée efficace et indolore n'a pas besoin d'être corrigée, même si elle ne ressemble pas à celle d'un athlète de haut niveau. Nous ne modifions un paramètre que lorsqu'il peut être relié à votre douleur ou à votre limite.

Comptez environ une heure pour le bilan complet. Une seconde captation, quelques semaines plus tard, permet de vérifier que la consigne est intégrée et d'ajuster le plan. Ce suivi est recommandé, pas obligatoire.

Pas par principe. Une attaque plus antérieure diminue certaines contraintes au genou mais augmente celles de la cheville et du mollet : le choix dépend de la structure à protéger. Chez un coureur sans symptôme, les auteurs ne recommandent pas de changer l'attaque du pied.

Oui. Les différences entre tapis et sol restent modestes après quelques minutes d'adaptation, et le tapis offre le seul moyen de vous filmer sous trois angles, à vitesse constante, sur un grand nombre de cycles.

Vous avez une douleur en courant ou souhaitez faire analyser votre foulée ?

Un bilan permet d'analyser votre course, d'identifier les éléments pouvant être améliorés et, lorsque cela est nécessaire, de mettre en place un programme personnalisé de réentraînement. Précisez « analyse de la course » dans le motif : nous prévoyons le créneau et le plateau en conséquence.

102 rue d'Aguesseau, Boulogne
Lun–Ven · 7h–21h
Samedi · 9h–16h
Sources scientifiques
  1. Doyle E., Doyle T.L.A., Bonacci J., Fuller J.T. The effectiveness of gait retraining on running kinematics, kinetics, performance, pain, and injury in distance runners: a systematic review with meta-analysis. JOSPT, 2022 : 19 essais, 673 participants. PubMed ↗
  2. Peterson B. et al. Biomechanical and musculoskeletal measurements as risk factors for running-related injury in non-elite runners: a systematic review and meta-analysis of prospective studies. Sports Medicine – Open, 2022 : 30 études prospectives, 3 404 coureurs. DOI ↗
  3. Anderson L.M. et al. What is the effect of changing running step rate on injury, performance and biomechanics? A systematic review and meta-analysis. Sports Medicine – Open, 2022 : 37 études. DOI ↗
  4. Heiderscheit B.C. et al. Effects of step rate manipulation on joint mechanics during running. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2011 : 45 coureurs, cadence augmentée de 5 à 10 %. DOI ↗
  5. Anderson L.M. et al. What are the benefits and risks associated with changing foot strike pattern during running? Sports Medicine, 2020. DOI ↗
  6. de Souza Júnior J.R. et al. Effects of two gait retraining programs on pain, function, and lower limb kinematics in runners with patellofemoral pain: a randomized controlled trial. PLoS One, 2024 : 30 coureurs, suivi à six mois. DOI ↗
  7. Burke A. et al. Risk factors for injuries in runners: a systematic review of foot strike technique and its classification at impact. Orthopaedic Journal of Sports Medicine, 2021. DOI ↗

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique. Les valeurs citées sont des ordres de grandeur issus de la littérature, pas des objectifs individuels.