Technologies de soin · Tendinopathies

Ondes de choc focales : relancer un tendon qui stagne

Une onde acoustique de haute énergie, concentrée en profondeur sur la zone à traiter, pour débloquer une douleur chronique qui ne répond plus au seul renforcement.

Ce n'est pas un traitement à part : les ondes de choc servent à rendre l'exercice possible et plus efficace. Elles s'utilisent toujours en association avec un programme de rééducation.

Lecture 6 minRédigé par l'équipe AthletikSources scientifiques citées
Générateur d'ondes de choc focales Storz Medical Duolith SD1 utilisé au cabinet
5 à 15séances

espacées d'une à trois semaines : c'est le schéma habituel d'un protocole

5min

d'application environ, intégrées dans une séance de rééducation complète

Focale

l'énergie est concentrée en profondeur, là où se trouve la lésion, et non diffusée en surface

+ exercice

jamais seules : l'effet documenté suppose un programme de renforcement en parallèle

Le principe

Qu'est-ce qu'une onde de choc focale

Une onde de choc est une onde acoustique de forte pression, produite par une tête de traitement appliquée sur la peau. Dans le mode focal, cette énergie converge vers un point précis situé à plusieurs centimètres de profondeur : le tendon, l'insertion osseuse ou la calcification que l'on veut atteindre.

L'objectif n'est pas de « casser » quelque chose. Le passage de l'onde provoque une réaction biologique locale : stimulation de la cicatrisation, relance de la vascularisation, modification du signal douloureux. Autrement dit, elle remet le tissu en état de répondre au travail actif.

Ce que l'onde provoque dans le tissu

  • Une relance de la circulation locale et de la formation de nouveaux vaisseaux
  • Une stimulation des cellules du tendon, qui reprennent une activité de réparation
  • Une désensibilisation de la zone, qui rend l'exercice supportable
  • Sur une calcification, une fragmentation progressive du dépôt

Quand nous les proposons

  • Une douleur installée depuis plusieurs mois
  • Un programme de renforcement bien conduit qui stagne
  • Une douleur trop vive pour charger correctement en séance
  • Une calcification identifiée à l'imagerie
Deux technologies

Focale ou radiale : ce n'est pas la même chose

Les deux appareils sont souvent appelés « ondes de choc », mais ils ne travaillent ni à la même profondeur ni sur les mêmes cibles. Le choix se fait selon la structure à atteindre.

Focale · notre équipement

Une énergie concentrée en profondeur

L'onde converge vers un foyer précis, jusqu'à plusieurs centimètres sous la peau, avec une énergie élevée sur un volume réduit. C'est le mode adapté aux insertions profondes, aux calcifications et à l'os.

Le traitement est plus localisé, parfois plus intense sur le moment, et demande un repérage rigoureux de la zone douloureuse.

Profondeur cibléeÉnergie élevéeCalcifications et os
Radiale

Une onde diffusée en surface

L'énergie se disperse depuis le point de contact et décroît rapidement avec la profondeur. Elle convient aux structures superficielles et aux zones étendues, muscles et fascias compris.

C'est le mode le plus répandu, et il n'atteint pas les cibles profondes avec la même précision.

Schéma des profondeurs de focalisation obtenues avec et sans pièce d'espacement
Réglage de la profondeur

Le foyer se règle selon la structure visée

En changeant la pièce d'espacement montée sur la tête de traitement, on déplace le point de concentration de l'onde entre quelques millimètres et une dizaine de centimètres sous la peau.

Un fascia plantaire, une insertion d'épaule et une enthèse de hanche ne se traitent donc pas au même réglage.

Indications

Les motifs pour lesquels nous les utilisons

Les ondes de choc ont principalement été étudiées dans quatre situations. Le niveau de preuve n'est pas le même partout, et nous le disons en séance.

Données les plus solides

Tendinopathie calcifiante de l'épaule

L'indication la mieux documentée : amélioration de la douleur et de la fonction, et résorption plus fréquente des calcifications, particulièrement aux niveaux d'énergie élevés.

Efficacité documentée

Fasciopathie plantaire

Sur une douleur du fascia plantaire qui persiste, la réduction de douleur est significative, avec les ondes focales comme radiales. Les paramètres optimaux restent à préciser.

Effet à court terme

Douleurs du grand trochanter

Sur les tendinopathies des fessiers et les douleurs latérales de hanche, une diminution de la douleur est retrouvée à court terme, avec des études de qualité inégale.

Au cas par cas

Tendinopathies persistantes

Achille, rotule, épicondyle : nous les proposons quand les symptômes durent et que le traitement actif seul ne suffit pas. Pour le tendon d'Achille, voir l'article dédié.

Le protocole

Comment se déroule le traitement

Les ondes de choc ne sont jamais une séance à elles seules : elles s'insèrent dans une séance de rééducation, avant le travail actif.

Bilan et repérage de la zone

On confirme d'abord que l'indication tient : ancienneté de la douleur, examen clinique, tests de charge et imagerie si vous en avez. La zone à traiter est repérée à la palpation, en cherchant le point le plus reproductible de votre douleur.

Sortie d'étape : une cible précise, et un objectif mesurable pour juger de l'effet.

L'application, quelques minutes

Un gel de contact, puis la tête de traitement est appliquée sur la zone pendant environ cinq minutes. L'énergie et la fréquence sont réglées progressivement, en fonction de ce que vous ressentez : la sensation doit rester supportable.

Aucune anesthésie n'est nécessaire. Les sensations sont parfois vives sur le moment, mais elles cessent à l'arrêt de l'appareil.

Le travail actif, dans la même séance

C'est le point essentiel : la fenêtre de moindre douleur qui suit l'application sert à charger le tendon correctement, sur le plateau. Les ondes de choc ouvrent la porte, le renforcement fait le travail.

Sortie d'étape : un exercice tenu à une charge que la douleur interdisait avant.

Suivi et réévaluation

Le protocole compte en général cinq à quinze séances, espacées d'une à trois semaines, selon la localisation et l'ancienneté des symptômes. L'effet ne se juge pas séance par séance : il s'apprécie sur plusieurs semaines, à travers vos tests de charge et votre tolérance à l'entraînement.

Si rien ne bouge au terme du protocole, on ne le prolonge pas indéfiniment : on réexamine l'hypothèse de départ, et on en discute avec votre médecin.

Application des ondes de choc sur le tendon d'Achille, cheville posée sur un coussin
Application sur l'insertion du tendon d'Achille, avec gel de contact
Application des ondes de choc sur l'épaule, patiente assise
Traitement d'une tendinopathie de la coiffe, environ cinq minutes par zone
Ce que dit la science

Un complément utile, pas un traitement autonome

Les revues récentes vont dans le même sens : l'effet est réel sur certaines localisations, plus modeste sur d'autres, et les ondes de choc ne remplacent pas le renforcement ni la rééducation active. Leur intérêt dépend de la pathologie, de l'ancienneté des symptômes et des traitements déjà réalisés.

21 essais

Sur la tendinopathie calcifiante de la coiffe, une méta-analyse de 2024 rapporte une amélioration de la douleur et de la fonction, ainsi qu'une résorption accrue des calcifications, davantage aux énergies élevées.

Brindisino et al., 2024 ↗
Douleur ↓

Sur la fasciopathie plantaire, une diminution significative de la douleur est retrouvée avec les ondes focales comme radiales. Option efficace et généralement bien tolérée, paramètres optimaux encore à préciser.

Lippi et al., 2024 ↗
754 patients

Sur les douleurs du grand trochanter, 8 essais randomisés montrent une diminution de la douleur à court terme. À interpréter avec prudence : la majorité des études présentait un risque de biais important.

Rhim et al., 2024 ↗
Pas de hiérarchie

Comparées dans différentes tendinopathies, les ondes focales ne montrent pas de supériorité générale clairement démontrée sur les radiales. Le choix se fait sur la cible, pas sur la technologie.

Stania et al., 2026 ↗

L'intérêt est donc moins d'utiliser systématiquement les ondes de choc que de les proposer pour les bonnes indications, avec des paramètres adaptés et en association avec une rééducation active.

Sécurité

Contre-indications et effets attendus

Nous ne traitons pas en cas de

  • Grossesse
  • Trouble de la coagulation ou traitement anticoagulant
  • Infection locale, plaie ou lésion cutanée sur la zone
  • Tumeur sur la zone à traiter
  • Infiltration de corticoïdes récente sur le site
  • Cartilage de croissance ou matériel implanté à proximité immédiate

Ce qui est normal après la séance

  • Une rougeur et une sensibilité locale pendant quelques heures
  • Parfois une réaction douloureuse le lendemain, qui s'estompe en un à deux jours
  • Un petit hématome, plus rarement

Nous vous demandons d'éviter les anti-inflammatoires autour des séances, sauf avis médical contraire : ils peuvent contrarier la réaction de cicatrisation recherchée.

FAQ

Questions fréquentes

C'est désagréable, rarement insupportable. L'énergie est montée progressivement et adaptée à ce que vous tolérez : le réglage se fait avec vous, pas malgré vous. La sensation cesse dès l'arrêt de l'appareil.

Le plus souvent cinq à quinze séances, espacées d'une à trois semaines, selon la zone traitée et l'ancienneté de la douleur. L'amélioration s'installe sur plusieurs semaines, parfois après la fin du protocole : ce n'est pas un traitement à effet immédiat.

En général oui, avec des limites définies ensemble. On évite les gros pics de charge dans les 48 heures qui suivent une application, et on garde le renforcement, qui fait partie du traitement.

Oui. Les ondes de choc sont réalisées au sein d'une séance de kinésithérapie : avec une ordonnance, la séance est prise en charge par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

L'imagerie n'est pas indispensable : le diagnostic est d'abord clinique. Elle devient utile en cas de doute ou de suspicion de calcification. Apportez vos examens si vous en avez, ils affinent le repérage.

Une douleur de tendon qui traîne depuis des mois ?

Le premier rendez-vous sert à vérifier que l'indication tient, à repérer la zone et à écrire le programme qui accompagnera les séances. Créneaux visibles en temps réel sur Doctolib.

102 rue d'Aguesseau, Boulogne
Lun–Ven · 7h–21h
Samedi · 9h–16h
Sources scientifiques
  1. Brindisino M. et al. The effectiveness of extracorporeal shock wave therapy for rotator cuff calcific tendinopathy: a systematic review with meta-analysis. Physiotherapy Research International, 2024 : 21 essais contrôlés randomisés. DOI ↗
  2. Lippi L. et al. Efficacy and tolerability of extracorporeal shock wave therapy in patients with plantar fasciopathy: a systematic review with meta-analysis and meta-regression. European Journal of Physical and Rehabilitation Medicine, 2024, 60(5), 832–846. DOI ↗
  3. Rhim H.C. et al. Extracorporeal shockwave therapy for greater trochanteric pain syndrome: a systematic review with meta-analysis of randomized clinical trials. JBJS Reviews, 2024, 12(8) : 8 essais, 754 patients. DOI ↗
  4. Stania M. et al. Efficacy of radial and focused shockwave therapy for tendinopathy: a systematic review and meta-analysis. Scientific Reports, 2026, 16, 7632. DOI ↗

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique. Le nombre de séances et les réglages cités sont des ordres de grandeur, adaptés à chaque situation.