Technologies de soin · Diathermie

Técarthérapie : un effet antalgique pour relancer le travail actif

Un courant de radiofréquence traverse la zone traitée et y produit une élévation de température contrôlée, jusqu'aux tissus profonds que les moyens de chauffage classiques n'atteignent pas.

Nous l'utilisons en début de séance pour son effet antalgique et la levée des tensions musculaires, afin de rendre le travail actif possible plus tôt.

Lecture 5 minRédigé par l'équipe AthletikSources scientifiques citées
Appareil de técarthérapie Winback Back 4 utilisé au cabinet
448kHz

la fréquence de travail de l'appareil : une radiofréquence qui traverse les tissus sans les brûler

- 2 pts/10

de douleur en moyenne sur le membre inférieur, d'après une méta-analyse de 19 essais

39 à 63%

de douleur en moins dans les 48 h suivant une séance, sur lésion aiguë des ischio-jambiers

+ exercice

toujours dans une séance de rééducation : la técarthérapie ouvre la fenêtre, le travail actif l'utilise

Le principe

Qu'est-ce que la técarthérapie

La técarthérapie, ou transfert d'énergie capacitive et résistive, fait circuler un courant de haute fréquence entre une électrode mobile et une plaque de retour posée sur la peau. En traversant les tissus, ce courant y produit de la chaleur, de façon progressive et réglable.

L'intérêt par rapport à une poche chaude est la profondeur : la chaleur est générée dans le tissu lui-même, et non transmise depuis la surface. On peut donc chauffer un tendon, une capsule articulaire ou un muscle profond sans agresser la peau.

Ce que la chaleur profonde change

  • Une augmentation du débit sanguin local et de l'oxygénation des tissus
  • Une baisse de la douleur pendant et juste après l'application
  • Une diminution de la raideur, utile avant de mobiliser ou de charger
  • Un tissu plus extensible, donc un gain d'amplitude plus facile à obtenir

Quand nous la proposons

  • Une douleur qui empêche de travailler correctement en séance
  • Une raideur articulaire après immobilisation ou chirurgie
  • Une contracture ou une tension musculaire profonde
  • Une reprise d'entraînement où la récupération est le facteur limitant
Deux modes

Capacitif ou résistif : où va la chaleur

Le même appareil dispose de deux têtes de traitement, qui ne déposent pas l'énergie au même endroit. Le choix se fait selon la structure visée.

Capacitif

Les tissus mous et vascularisés

L'électrode est isolée : l'énergie se concentre dans les tissus proches de la surface, riches en eau. C'est le mode utilisé sur les muscles, les contractures et les zones œdématiées.

Résistif

Les tendons, les os et les articulations

L'électrode n'est pas isolée : le courant traverse et la chaleur se forme là où la résistance est la plus grande, dans les tissus pauvres en eau. C'est le mode des tendinopathies et des raideurs articulaires.

Indications

Les situations où nous l'utilisons

La técarthérapie n'a pas de cible unique : c'est un outil d'antalgie et de préparation tissulaire. Nous l'employons surtout au début de séance, pour lever ce qui empêche le travail actif.

Tendinopathies

Achille, rotule, épaule, coude : en mode résistif, avant les exercices de renforcement, pour rendre la charge supportable.

Lésions musculaires

Après la phase aiguë, sur les lésions des ischio-jambiers ou du mollet, pour accompagner la reprise de la contraction.

Raideurs articulaires

Après une immobilisation ou une chirurgie, quand le gain d'amplitude est douloureux et lent à obtenir.

Lombalgies et cervicalgies

Sur les douleurs du rachis, en particulier lorsqu'une composante de tension musculaire limite le mouvement.

Entorses et œdèmes

En mode capacitif à faible intensité, pour favoriser la circulation locale sur une cheville ou un genou gonflé.

Récupération du sportif

Entre deux charges élevées, en complément du sommeil et de l'alimentation, qui restent les deux premiers leviers.

La séance

Comment se déroule le traitement

La técarthérapie occupe une partie de la séance, jamais sa totalité. Elle est placée avant le travail actif, qui reste le cœur du traitement.

Bilan et choix des réglages

On identifie la structure à traiter et sa profondeur, ce qui détermine le mode, capacitif ou résistif, et l'intensité. Le but est défini à l'avance : gagner de l'amplitude, réduire une douleur qui empêche l'exercice, ou préparer un muscle avant la charge.

Sortie d'étape : un objectif vérifiable dans la même séance.

L'application, dix à vingt minutes

Une plaque de retour est posée sous le segment traité, puis l'électrode est déplacée sur la zone avec une crème de contact. L'intensité est montée progressivement jusqu'à une chaleur nette mais confortable : la sensation doit rester agréable, jamais brûlante.

Le mouvement est souvent associé pendant l'application : mobilisation passive, contraction légère ou étirement, selon l'objectif.

Le travail actif, dans la continuité

C'est le point essentiel : la fenêtre de moindre douleur et de meilleure mobilité qui suit l'application sert à faire le travail utile, renforcement ou gain d'amplitude, sur le plateau. Sans cette suite, l'effet retombe.

Sortie d'étape : un exercice ou une amplitude obtenus que la douleur limitait avant.

Réévaluation

L'effet antalgique est surtout immédiat : il se juge en fin de séance et sur les jours qui suivent. Si la técarthérapie ne facilite pas le travail actif après quelques séances, nous l'arrêtons plutôt que de la poursuivre par habitude.

Ce qui doit progresser d'une semaine à l'autre, ce sont vos capacités : amplitudes, force et tolérance à la charge.

Ce que dit la science

Un effet physiologique bien mesuré, un bénéfice clinique encore à préciser

Les effets thermiques et circulatoires de la radiofréquence sont documentés, et les travaux cliniques récents sont encourageants : l'intérêt principal est de diminuer temporairement douleur et raideur, afin de faciliter le mouvement et la réalisation des exercices. La técarthérapie reste un complément à la rééducation active.

Chaleur mesurée

Chez l'adulte sain, la radiofréquence monopolaire à 448 kHz produit une élévation de température des tissus profonds, mesurable et dépendante de la dose appliquée.

Kumaran et Watson, Int J Hyperthermia, 2015 ↗
911 patients

Une méta-analyse de 19 essais randomisés retrouve une diminution moyenne de la douleur d'environ 2 points sur 10, et une amélioration de la fonction, dans différentes pathologies du membre inférieur.

Vinolo-Gil et al., J Clin Med, 2026
75 athlètes

Sur lésion aiguë des ischio-jambiers, une séance de TECAR a réduit la douleur de 39 à 63 % dans les 48 heures, davantage que le TENS et que le repos.

Kelli et al., Sports Med Health Sci, 2026 ↗
Effet à 1 mois

Chez des sportifs souffrant de douleurs chroniques des adducteurs, la diminution de douleur était encore présente un mois après le traitement.

Nazari et al., BMC Musculoskelet Disord, 2025 ↗

Notre position : la técarthérapie sert à rendre la séance possible. Elle ne remplace ni le renforcement, ni la reprise progressive des contraintes nécessaires au retour au sport.

Sécurité

Contre-indications et sensations normales

Nous ne traitons pas en cas de

  • Pacemaker ou tout dispositif électronique implanté
  • Grossesse
  • Tumeur sur la zone à traiter
  • Thrombose veineuse ou trouble circulatoire évolutif
  • Infection, plaie ou lésion cutanée sur la zone
  • Trouble de la sensibilité qui empêche de doser la chaleur

Le matériel d'ostéosynthèse n'est pas une contre-indication absolue, mais il impose d'adapter le mode et l'intensité.

Ce qui est normal pendant et après

  • Une chaleur diffuse et progressive, confortable
  • Une rougeur de la peau pendant quelques dizaines de minutes
  • Une sensation de détente sur la zone traitée

Toute sensation de brûlure ou de point chaud localisé doit être signalée immédiatement : elle signifie que l'intensité est trop élevée ou l'électrode mal appliquée.

FAQ

Questions fréquentes

Non, c'est même la technologie la plus confortable du cabinet : la sensation est celle d'un massage chaud. L'intensité est réglée avec vous et doit rester agréable.

Il n'y a pas de protocole fixe : la técarthérapie s'utilise au sein de vos séances de rééducation, tant qu'elle facilite le travail actif. Si elle n'apporte rien après quelques séances, nous l'arrêtons.

Oui. La técarthérapie est réalisée au sein d'une séance de kinésithérapie : avec une ordonnance, la séance est prise en charge par l'Assurance maladie dans les conditions habituelles.

Les deux ne visent pas la même chose. La técarthérapie chauffe et détend pour permettre le mouvement, séance après séance. Les ondes de choc focales cherchent à relancer une réaction de cicatrisation sur un tendon précis, selon un protocole défini. Elles sont d'ailleurs souvent associées.

Oui, et c'est souvent le bon moment : la zone est chaude et moins douloureuse. Attention simplement à ne pas confondre l'absence de douleur avec une capacité retrouvée, et à respecter la progression de charge prévue.

Une douleur ou une raideur qui bloque votre rééducation ?

Le bilan détermine si la técarthérapie a un intérêt dans votre situation, et à quel moment de la séance l'utiliser. Créneaux visibles en temps réel sur Doctolib.

102 rue d'Aguesseau, Boulogne
Lun–Ven · 7h–21h
Samedi · 9h–16h
Sources scientifiques
  1. Kumaran B., Watson T. Thermal build-up, decay and retention responses to local therapeutic application of 448 kHz capacitive resistive monopolar radiofrequency: a prospective randomised crossover study in healthy adults. International Journal of Hyperthermia, 2015. DOI ↗
  2. Kumaran B., Watson T. Treatment using 448 kHz capacitive resistive monopolar radiofrequency improves pain and function in patients with low back pain: a randomised controlled trial. Physiotherapy, 2019. DOI ↗
  3. Vinolo-Gil M.J. et al. Non-invasive radiofrequency therapy for musculoskeletal, neurological, and vascular conditions of the lower limb: a systematic review and meta-analysis. Journal of Clinical Medicine, 2026 : 19 essais randomisés, 911 patients.
  4. Kelli A. et al. Acute effects of medium-frequency electrical energy transfer (TECAR) and transcutaneous electrical nerve stimulation (TENS) on pain and flexibility in athletes with an acute hamstring injury: a randomized controlled trial. Sports Medicine and Health Science, 2026;8(2):210-218. DOI ↗
  5. Nazari S. et al. The effects of TECAR therapy on pain, range of motion, strength and subscale of HAGOS questionnaire in athletes with chronic adductor related groin pain: a randomized controlled trial. BMC Musculoskeletal Disorders, 2025;26:76. DOI ↗
  6. Radinmehr H. et al. The effects of TECAR therapy in the treatment of patients with myofascial trigger points in the upper trapezius muscle: a randomized controlled trial. Musculoskeletal Care, 2026. DOI ↗

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un examen clinique. Les durées citées sont des ordres de grandeur, adaptés à chaque situation. Les protocoles varient d'une étude à l'autre : les résultats cités donnent une tendance, pas une garantie individuelle.